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Lovable lève 400 millions de dollars et voit sa valorisation doubler à 13,3 milliards : la pépite du « vibe coding » défie les géants américains
La start-up suédoise Lovable, qui permet de créer des applications en langage courant, a annoncé le 12 août une levée de 400 millions de dollars en série C. L'opération porte sa valorisation à 13,3 milliards de dollars, soit le double de celle de décembre dernier, un signal fort pour la tech europée
La start-up suédoise Lovable a annoncé le 12 août une nouvelle levée de fonds de 400 millions de dollars, dans le cadre d'un tour de table dit de série C. L'opération valorise l'entreprise, spécialisée dans la création d'applications à partir de simples instructions en langage courant, à 13,3 milliards de dollars, une somme qui la propulse parmi les jeunes pousses les plus en vue du continent.
Ce montant marque un bond spectaculaire. Lors de son précédent tour de table, en décembre 2025, Lovable était valorisée 6,6 milliards de dollars. En un peu plus de huit mois, la jeune pousse a donc vu sa valeur exactement doubler, une progression rare même dans l'univers survolté de l'intelligence artificielle, où les valorisations grimpent pourtant à un rythme inhabituel.
Fondée en novembre 2024, Lovable propose ce que le secteur appelle le « vibe coding », une méthode qui permet à des utilisateurs sans compétences techniques de bâtir des logiciels et des sites en décrivant simplement ce qu'ils souhaitent obtenir. C'est ensuite l'intelligence artificielle qui se charge d'écrire le code correspondant à la demande formulée.
Une valorisation qui double en huit mois
La croissance financière de l'entreprise explique en grande partie cet appétit des investisseurs. En juin 2026, Lovable affichait un chiffre d'affaires annualisé de 500 millions de dollars, un rythme atteint en un temps record pour une société lancée moins de deux ans plus tôt. Cette trajectoire la classe parmi les logiciels à la croissance la plus rapide jamais observée dans le secteur.
Les chiffres d'usage sont tout aussi frappants. Selon l'entreprise, plus de 60 millions de projets ont été créés sur sa plateforme depuis son lancement, et les applications construites avec Lovable attirent plus de 900 millions de visites chaque mois. La société revendique par ailleurs une présence dans près des deux tiers des entreprises figurant au classement Fortune 500 des plus grands groupes.
Lovable insiste aussi sur le fait que ses utilisateurs gagnent réellement de l'argent grâce aux applications qu'ils créent. Près de huit créateurs sur dix chercheraient à monétiser leurs projets, et plus d'un tiers généreraient déjà des revenus. En juin, un accord pluriannuel signé avec Google Cloud a en outre accompagné une multiplication par cinq de l'utilisation de la plateforme.
Qui met la main à la poche
Ce tour de table a été mené par le fonds américain Menlo Ventures, qui avait déjà conduit la précédente levée de l'entreprise, et co-dirigé par le Scaleup Europe Fund, un véhicule d'investissement soutenu par l'Union européenne et géré par le groupe suédois EQT. La présence de ce fonds européen dans une opération de cette ampleur n'a rien d'anodin.
Plus d'une dizaine d'autres investisseurs ont participé à l'opération, illustrant l'attrait mondial suscité par la start-up. On y retrouve les européens Balderton Capital et Carmignac, les latino-américains Kaszek Ventures et LTS Growth, ainsi que les asiatiques Tencent et World Innovation Lab. Des soutiens historiques comme Accel, CapitalG, Salesforce Ventures et HubSpot Ventures ont de nouveau remis au pot.
Le pari du « vibe coding »

En misant sur le « vibe coding », Lovable s'attaque à un marché immense, celui de la création de logiciels, longtemps réservé aux seuls développeurs professionnels. L'entreprise se positionne face à des acteurs bien plus richement dotés, à commencer par les grands laboratoires américains d'intelligence artificielle, qui proposent eux aussi des outils capables de générer du code automatiquement.
Pour se démarquer, la société a développé son propre modèle d'intelligence artificielle, entraîné en interne, tout en laissant à ses utilisateurs la possibilité de recourir aux modèles de pointe du marché. Sa plateforme intègre également des fonctions de paiement, de référencement et de sécurité, ainsi que des connexions avec des outils comme Google Workspace, Microsoft 365, Salesforce ou encore Stripe.
Plusieurs exemples concrets illustrent l'usage réel de l'outil. Au Royaume-Uni, l'application de mode WNTD affirme économiser entre 25 000 et 30 000 livres par mois et a bouclé une levée de 3 millions de livres. Au Brésil, la société Viver de IA, forte de 54 salariés, viserait un chiffre d'affaires de 100 millions de reais grâce à des produits bâtis directement sur la plateforme.
Ce que cela dit de la tech européenne
Au-delà du seul cas Lovable, cette levée envoie un signal à l'ensemble de l'écosystème technologique européen, souvent jugé en retard sur les États-Unis en matière de financement. Voir une start-up du continent atteindre une valorisation de plus de 13 milliards de dollars en moins de deux ans, avec le soutien d'un fonds européen, nourrit l'espoir d'un rattrapage, même si la taille des tours de table reste dominée par les acteurs américains.





