Lucas MoreauVIEW PROFILE →
Trois milliards de dollars : le pactole des deux Français derrière Datadog, symbole du talent tricolore parti conquérir l'Amérique
Ils ont quitté la France pour bâtir un géant à New York. Olivier Pomel et Alexis Lê-Quôc, cofondateurs de Datadog, viennent d'empocher près de trois milliards de dollars en cédant leurs actions. Retour sur une réussite qui interroge autant qu'elle fascine la French Tech.
L'histoire a de quoi faire rêver n'importe quel entrepreneur français. Deux ingénieurs partis de l'Hexagone pour tenter leur chance de l'autre côté de l'Atlantique viennent de réaliser l'un des plus beaux jackpots récents de la tech française, en encaissant une somme qui donne le vertige grâce à la société qu'ils ont fondée il y a plus de quinze ans.
Un pactole à trois milliards
Selon les informations publiées fin août 2026, le duo français à la tête de la société américaine Datadog a réalisé une plus-value colossale en cédant une partie de leurs titres. Ensemble, Olivier Pomel et Alexis Lê-Quôc auraient ainsi engrangé un total avoisinant les trois milliards de dollars, un montant qui les propulse au sommet des grandes fortunes issues de la French Tech.
Dans le détail, chacun des deux cofondateurs aurait vendu pour environ 1,4 milliard de dollars d'actions de l'entreprise. Ces cessions ne sont pas anodines et s'inscrivent dans un mouvement plus large de liquidation progressive de leurs participations, mais leur histoire dépasse largement le simple cadre financier.

Deux ingénieurs français à New York
Derrière ces chiffres impressionnants se cachent deux profils bien de chez nous. Olivier Pomel, aujourd'hui âgé de quarante-neuf ans, occupe le poste de directeur général de Datadog, tandis que son complice Alexis Lê-Quôc, cinquante et un ans, a joué un rôle tout aussi déterminant dans l'aventure. Les deux hommes forment un tandem soudé de longue date.
C'est en 2010 que les deux Français ont posé les fondations de leur entreprise, non pas à Paris, mais à New York. Datadog s'est imposée au fil des années comme une plateforme incontournable de surveillance et d'observabilité dans le cloud, un secteur technique mais absolument stratégique à l'heure où toutes les entreprises migrent leurs activités vers l'informatique en nuage.
Des ventes sur fond de résultats mitigés
Le calendrier de ces cessions massives n'est pas totalement le fruit du hasard et mérite d'être analysé de près. Les deux fondateurs ont en effet poursuivi la liquidation d'une partie de leurs avoirs au cours de ce mois, dans un contexte particulier où les résultats du deuxième trimestre de la société avaient quelque peu déçu certains analystes financiers.
Cette prise de bénéfices intervient malgré tout après une année boursière particulièrement flatteuse pour le titre. L'action Datadog a connu une progression spectaculaire, affichant une hausse de l'ordre de quatre-vingts pour cent sur l'année 2026, ce qui explique en grande partie l'ampleur des sommes que les deux dirigeants ont pu dégager en vendant leurs parts.
Le symbole d'un talent qui s'exporte
Au-delà de la performance individuelle, cette réussite illustre parfaitement un phénomène bien connu de l'écosystème français. La France forme des ingénieurs et des développeurs de très haut niveau, mais nombre d'entre eux choisissent de partir bâtir leurs empires à l'étranger, et notamment aux États-Unis, où l'accès aux capitaux et au marché reste sans commune mesure.
Le cas de Datadog est en cela emblématique d'un paradoxe récurrent pour la French Tech. Le talent est indéniablement tricolore, la matière grise vient bien de France, mais la valeur créée, les emplois et surtout les milliards générés profitent en premier lieu à l'économie et aux places financières américaines plutôt qu'à celles du vieux continent.
Une source d'inspiration pour l'écosystème
Pour autant, il serait réducteur de ne voir dans cette histoire qu'une fuite des cerveaux à déplorer. Ces trajectoires spectaculaires nourrissent aussi l'imaginaire de toute une génération de jeunes entrepreneurs français, qui y puisent la preuve concrète qu'il est possible, en partant de l'Hexagone, de rivaliser avec les plus grands noms mondiaux de la technologie.
Reste désormais à savoir si l'écosystème français saura, dans les années à venir, retenir davantage ses pépites et leurs fondateurs sur son propre sol. C'est tout l'enjeu des efforts déployés autour de la French Tech, dont l'ambition affichée est précisément de faire naître, et surtout de faire grandir, les futurs Datadog directement depuis Paris et les régions.






